ESAT
HAUT ANJOU

Noyant la Gravoyère

« Le handicap ne peut pas être un handicap. »

Stephen Hawking

Genèse.

 

Pour présenter ce projet, nous faisons le choix de revenir à sa genèse, en déroulant le cours de notre analyse programmatique.

Il nous a fallu interroger les enjeux du projet, remodeler le programme, arpenter le site, rencontrer les gens. Ils nous ont permis, à travers leur regard, de découvrir un bâtiment, des fonctions, un site, des usages…

Un bâtiment haut perché, implanté au centre d’un site arboré traversé par des circulations dans sa partie haute. En partie basse, un grand champ dispose d’un terrain de football qui fait face à un entrepôt perdu…

Un bâtiment mutant.

 

Ce bâtiment de 1985 a subit des transformations, des adaptations circonstancielles, pour faire face à des mutations d’usages. Un bâtiment qui n’en est plus un : ce ne sont plus que des locaux.

Peuvent-ils répondre aujourd’hui à de nouveaux enjeux ? Comment s’atteler à des problématiques telles que le nombre croissant d’usagers, l’évolution des activités services, la structuration des flux internes et externes de ces activités ? Et répondre à lademande de mettre l’administration au centre du projet ? Au cœur ?

Néanmoins, ces locaux avec leurs particularités ont le mérite de nous renseigner sur des fonctionnements d’usage que nous pouvons identifier :

  • Un axe traversant.
  • Des espaces dédiés à la pratique paysagère.
  • Des lieux de pauses.
  • Des espaces de rencontre informels.
  • Des espaces de stockage à maîtriser.

 

Il ressort de nos visites et entretiens que ces locaux ne pourront que difficilement supporter une nouvelle transformation. Ils n’ont pas la capacité de répondre aux exigence du nouveau programme.

Alors c’est l’opportunité de réfléchir à un autre bâtiment conçu cette fois ci pour ça.

C’est avec cette volonté que nous réorganisons le programme à partir de schémas fonctionnels établis et affinés pendant des réunions de travail avec les acteurs de l’ESAT.

Un nouveau bâtiment,

pensé comme une « rue », ou se répondent les fonctions administratives, concentrées dans le centre, faisant face à l’aire de stationnement, proposant une distribution claire et un repérage sur la parcelle.

Cette rue, artère du projet, permet de mutualiser des fonctions. Les différents services sont disposés le long de cet axe. Il sera alors possible de proposer des mobilités/mutualisations et des ouvertures sur des usages imaginés lors de la mise en place du programme.

Ce bâtiment imaginé avec des matériaux simples, peu couteux, dont la préfabrication permettra une mise en œuvre modulaire et rapide, nous le plaçons en bas de la parcelle :

  • Peu de pente ; principe de la rue qui donne accès (rampe d’accessibilité), possibilité de quais multiples, de stationnements…
  • Proximité de la rue ‘Maison neuve’.
  • Possibilité d’une boucle de circulation offrant des accès sécurisés ; une entrée et une sortie (cf. schéma circulation annexe).
  • Orientation EST / OUEST des ateliers (en réponse au problème de l’orientation SUD actuelle).

Ce choix d’implantation nous permet aussi d’envisager l’avenir du bâtiment initial :

  • Jonction avec nouveau bâtiment ?
  • Hébergement ?
  • Location ?
  • Réserve foncière ? (lotissement) ?

Le fonctionnement du bâtiment est axé sur l’échange entre les différents utilisateurs. Cette logique se poursuit dans le couloir menant aux divers espaces communs, c’est une véritable « rue intérieure »  baignée de lumière naturelle qui offre une circulation fluide et dessert les vestiaires, sanitaires et autres salles de réunion.

Le projet de nouvel ESAT ici présenté se veut aussi très attentif à la condition de l’occupant usager, notamment la population avec autisme. Comment aider ces personnes à vivre dans un environnement accessible à l’état de leurs sens ? Telle est la question qui a soutenue les réflexions de notre travail pour l’élaboration de ce projet.

 

Outre les questions relatives à la programmation fonctionnelle de cet équipement,   nous répondons aux questions liées aux troubles cognitifs et à l’adaptation aux dimensions sensorielles de cette population.

Un soin tout particulier a été pris pour  assurer à ces personnes des espaces privatifs dignes, permettant aux aidants à la vie autonome d’y accompagner les personnes dépendantes, et ce dans des conditions respectueuses.  Davantage d’espaces collectifs en plus grand nombre et en moins spacieux ont été conçu pour proposer un environnement temporel et spatial structurant, visuellement accessible.

 

Nous avons aussi épuré les espaces, privilégié les tons neutres, les transparences diaphanes claires, la lumière naturelle et les vues sur la nature environnante. Des transparences, en permettant le maintient d’un contact visuel, offrent aux personnes avec autisme une certaine stabilité en terme de sécurité émotionnelle.

Les usagers de l’ESAT étant pour la majeure partie des travailleurs en situation de handicap, une importante réflexion a été nécessaire concernant l’ergonomie des lieux comme la largeur des circulations intérieures leurs permettant de se déplacer en toute sérénité.

 

L’éclairage naturel est un point primordial de la conception de ce bâtiment qui a été pensé pour garantir un confort intérieur maximal pour les usagers. Dans les parties dédiées aux bureaux et aux ateliers, des fenêtres à hauteur de vue permettent une lecture directe sur les espaces paysagers. Sur les pignons, la partie haute des ateliers est quant à elle constituée d’éléments en polycarbonate qui assurent une lumière diffuse sur les espaces de travail tout en préservant de la chaleur.

 

Un jardin multi-sensoriel, conçu par l’équipe de l’ESAT elle-même leur conférera un espace d’expression et de quiétude où se retrouver et discuter entre eux ou avec les moniteurs

Des espaces d’hypostimulation ont été pensés. Ils seront disposés de façon à offrir des bornes « zéro-stimuli »,  favorisants le retour au calme des  utilisateurs autistes en cas de crise comportementale. Ils seront aussi des espaces méditatifs pour tous.

C’est en offrant ces espaces refuges à tous que nous assumerons les handicaps.

La rue intérieure s’impose comme le cœur du projet : espace lumineux et végétal grâce à son jardin multi-sensoriel, c’est un lieu privilégié propice à la détente et au calme. Réservée aux travailleurs de l’ESAT, elle leur permet de se ressourcer en toute intimité. Elle peut aussi se transformer en lieu de convivialité au gré des événements organisés en interne.